Message de Valérie Pécresse

Présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France

Présidente du Conseil d’Administration

(source: Rapport annuel 2019)

Valérie Pécresse

Message de la Présidente du Conseil d'Administration

“ Aujourd’hui, à la sortie de la période de confinement, la priorité des priorités doit être d’amorcer sans attendre la relance en Île-de-France. L’impact économique de cette crise d’une ampleur inédite s’annonce brutal, tout comme les conséquences sociales qui en découleront. ”

Lorsque nous nous sommes retrouvés en janvier pour la traditionnelle cérémonie des vœux de l’Établissement Public Foncier d’Île-de-France, nul ne pouvait imaginer que cette année 2020 serait frappée du sceau d’une pandémie mondiale sans précédent dans l’histoire de notre pays. 2020 s’annonçait, alors, comme une nouvelle occasion de conforter les très bons résultats enregistrés par l’Établissement depuis la mise en œuvre de sa nouvelle feuille de route, en 2016. Et nous attendions l’installation des nouvelles équipes municipales et intercommunales pour les sensibiliser à leur tour à la nécessité de répondre à l’urgence sociale, et même sociétale, de construire une ville à la fois accessible à tous, durable et humaine.
Depuis, la crise sanitaire a frappé au cœur notre région et paralysé notre économie. Les secteurs de l’immobilier et de la construction ont d’ailleurs été très durement touchés par le ralentissement, voire l’arrêt des projets.
Aujourd’hui, à la sortie de la période de confinement, la priorité des priorités doit être d’amorcer sans attendre la relance en Île-de-France. L’impact économique de cette crise d’une ampleur inédite s’annonce brutal, tout comme les conséquences sociales qui en découleront. C’est pour répondre à cette urgence, que j’ai porté dès le mois de mai 2020 un vaste plan régional de relance économique, écologique et solidaire de 1,3 Md€ pour le seul second semestre de cette année si particulière. La Région s’est ainsi immédiatement engagée en faveur des entreprises en mobilisant 500 M€ pour aider les TPE-PME à surmonter la crise via le Fonds de Solidarité mis en place avec l’État ou par le biais des prêts à taux zéro rebond avec la BPI. Je suis également fière que mon initiative de créer un « Fonds Résilience Île-de-France et collectivités » ait reçu un soutien unanime et historique de 70 acteurs du territoire francilien. Avec la Banque des Territoires, la Métropole du Grand Paris, la Ville de Paris, les Départements de Seine-et-Marne, d’Essonne, des Hauts-de-Seine et du Val-d’Oise, ainsi que l’ensemble des intercommunalités franciliennes, nous allons apporter 100 M€ pour soutenir les TPE, les microentreprises, les associations et acteurs de l’économie sociale et solidaire qui n’ont pas ou plus accès au financement bancaire.

Face à l’ampleur de cette crise économique et sociale inédite, notre réponse ne peut être que collective et solidaire en associant l’ensemble des forces vives de nos territoires, à commencer par les collectivités, mais aussi les entreprises de promotion immobilière, les bailleurs sociaux et les aménageurs. L’EPFIF aura bien entendu son rôle à jouer pour soutenir la relance de la construction en Île-de-France et pour lutter à nos côtés contre le creusement des fractures sociales.

J’ai la certitude que la méthode que nous avons mise en place il y a quatre ans fait que l’Établissement est mieux armé que jamais pour jouer pleinement son rôle d’amortisseur de conjoncture.

En 2016, j’avais ainsi fixé un cap fort à l’EPF Île-de-France : celui d’accompagner les collectivités et tous les acteurs franciliens de l’aménagement et de l’immobilier à construire plus et à construire mieux. Cette philosophie de l’action s’est traduite tant dans le nouveau mode de fonctionnement de l’Établissement que dans sa feuille de route stratégique, qui court jusqu’à fin 2020 dans le cadre de son Programme Pluriannuel d’Intervention.
Les résultats obtenus par l’EPF Île-de-France au cours des quatre premières années de mise en œuvre de cette stratégie témoignent de l’efficacité de son modèle original d’intervention. 5 300 nouveaux logements avaient été générés sur du foncier cédé par l’Établissement dès 2016, ils furent 6 300 en 2017, la barre des 7 000 logements a été franchie en 2018 et, en 2019, un nouveau record de production a été atteint avec plus de 7 300 logements. L’accélération de l’activité de l’Établissement l’an dernier a d’ailleurs été telle, que le Conseil d’administration a voté un budget supplémentaire en hausse de 15 % à l’automne pour ne pas bloquer des projets.

Au titre des réalisations les plus emblématiques de l’Établissement en 2019, je souhaite mettre l’accent sur le rôle central qu’il a joué auprès de la Solideo pour sécuriser le foncier indispensable aux réalisations prévues pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Cet exemple, un parmi d’autres mais riche en symboles, montre bien que les activités de l’EPF Île-de-France sont au cœur des enjeux de la construction de l’Île-de-France de demain.

Dans tous les domaines d’intervention de l’Établissement, les résultats de l’an passé ont non seulement respecté la montée en puissance prévue dans notre nouvelle stratégie, mais ils sont d’autant plus remarquables qu’ils sont intervenus dans un contexte général de ralentissement du secteur de l’immobilier en lien avec la période préélectorale.
Je vois également dans ces résultats la preuve que l’EPF Île-de-France est pleinement devenu un outil au service de tous les Maires reconstructeurs et un partenaire de confiance à même de les aider à élaborer et à développer leurs projets urbains.
Les réussites de 2019 sont d’autant plus encourageantes que nous aurons plus que jamais besoin d’un Établissement Public Foncier fort en capacité de mobiliser ses ressources pour participer à la résilience de nos villes face aux conséquences de la crise que nous traversons.
J’avance ainsi avec la conviction que cette crise va bousculer notre conception de l’urbanisme, que ce soit par la prise de conscience des risques liés à la densité urbaine et à la bétonisation excessive de nos espaces de vie, ou encore par l’expérience généralisée du télétravail qui ouvre un nouveau champ des possibles pour l’organisation du travail. Tout comme je suis convaincue que les villes moyennes de la périphérie de l’agglomération parisienne sont promises à un bel avenir, car elles répondent à bien des égards aux aspirations des Franciliens désireux de renouer avec la nature et avec une échelle de la proximité plus propice à la convivialité.

“ Mais être un partenaire de la fabrique de la ville de demain ne doit pas occulter les conditions de logement parfois inacceptables que rencontrent encore certains de nos ménages les plus fragiles dans la ville d’aujourd’hui. ”

C’est pour cette raison que j’ai fait de la lutte contre l’habitat indigne, sous toutes ses formes, une priorité de l’EPF Île-de-France. En trois ans, je note avec satisfaction que l’Établissement est devenu l’un des acteurs incontournables de cette lutte. Il pilote ainsi la requalification des grandes copropriétés dégradées où se concentrent les plus graves difficultés à Clichy-sous-Bois, à Grigny et, depuis la fin de l’année dernière, à Mantes-la-Jolie. Nous avons aussi été à l’initiative de nouvelles formes d’intervention pour couper l’herbe sous le pied des marchands de sommeil. C’est pour intensifier cette lutte, que nous avons notamment uni les forces de l’EPF Île-de-France avec celles d’Action Logement Immobilier en créant une filiale dont la mission sera précisément de contrecarrer la division pavillonnaire.

Il nous faut non plus seulement aménager le territoire mais également le ménager

C’est donc toute notre approche du développement de la région qu’il nous faudra repenser à l’aune des enseignements de cette crise. Mais il est d’ores et déjà clair que nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer la manière dont nous fabriquons la ville pour la rendre plus humaine, plus respectueuse du cadre de vie et mieux adaptée aux grands changements qui s’annoncent.
Nous devrons nous orienter collectivement vers un urbanisme sobre en consommation d’espace, économe en ressources et pensé en liaison avec les bassins d’emploi. Comme je le dis souvent, il nous faut non plus seulement aménager le territoire mais également le ménager. Et l’EPF Île-de-France devra trouver le juste équilibre pour porter et encourager ces transitions capitales sans pour autant qu’elles n’entraînent des retards préjudiciables dans l’émergence des projets indispensables pour la relance.
Je sais que les équipes de l’Établissement menées par Gilles Bouvelot sont prêtes à relever avec nous ce défi, et je les en remercie. Les résultats de l’année 2019 me confortent dans la conviction que leur performance, leurs savoir-faire et leur sens du dialogue avec les collectivités seront des atouts certains pour relancer rapidement la construction en Île-de-France. Je serai, pour ma part, particulièrement vigilante à ce que les moyens d’intervention de l’EPF Île-de-France et ses ressources budgétaires soient préservés à cette fin.