Monsieur le Président,

Merci de cette confiance que vous avez témoignée à un artiste égaré en politique urbaine en l’interrogeant sur le Grand Paris qu’il a immédiatement rebaptisé Paris en grand.

Sur cet espace, capital à tous égards, il n’y a rien eu de pensé de sérieux depuis le Front populaire, sauf un nouveau métro.

Mais l’inertie de Paris, son rayonnement, son aura de ville-monde se sont maintenus et développés.
Venise aussi, la première ville-monde, a mis trois siècles à décliner en ville touristique, bien après que la route du poivre a pris la mer.
Les désastres successifs et superposés nous ont laissé une feuille blanche raturée, hachée, disparate, mais c’est une feuille blanche… que j’ai tentée de griffer.

Le voyage dans Paris en grand, vif et bref, m’a montré un grand désir, des habitants, des élus, des entrepreneurs pour le dessin de ce grand dessein.

Le constat qui m’a traumatisé et guidé ma réflexion est le suivant : plus de la moitié de ceux qui y vivent et y travaillent songent et rêvent d’en partir.
Les défis les plus importants que vous m’avez soumis sont le défi climatique et le défi social.

Les deux défis sont noués, c’est ce que j’ai tenté de montrer : on peut fabriquer une oasis métropolitaine, avec pour tous le souci d’une bonne urbanité.
Le genre humain et le climat marchent ensemble, c’est la bonne nouvelle que j’essaye de vous donner.

L’autre bonne nouvelle, c’est que ce que je propose ne coûte pas et probablement rapporte, mais il faut libérer les énergies et casser leurs hiérarchies.

rapport-r-castro-grandparisPuisse ce Paris en grand porter un message au monde conforme à notre singulière histoire.

Roland Castro, 31 juillet 2018